05 juillet 2009

Un emprunt bien peu opportun

La dernière grande initiative du Président de la République interroge : un grand emprunt national.

Le mentor Balladur en avait déjà eu l'idée.
Nicolas Sarkozy aurait-il oublier le point 2 de son programme présidentiel : "la maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier" (sic) ? On a beau dire qu'il s'agit "d'investir pour l'avenir", c'est de la dette en plus, un point c'est tout.

On reprend les vieilles recettes françaises : l'Etat emprunte pour booster un secteur considéré comme l'avenir. Cela me rappelle une scène d'Hibernatus où Louis de Funès déclarait plein de conviction que demain "tout serait nucléaire, même les avions". Et bien, on nous ressort le même scénario. Comme pour le nucléaire dans les années 1970, soyons-en sûr, le "développement durable, gisement d'emplois futurs" sera une des priorités de cet emprunt. Cela permettra de répondre à la demande d'écologie de l'opinion. On le voit, il s'agit d'une visée politique et non pas économique ou sociale. La preuve : les socialistes l'avaient proposé dans leur programme !

La réponse à la crise, ce n'est pas l'emprunt. En effet, c'est bien joli de dire que l'emprunt prépare l'avenir. De toutes les manières possibles, l'Etat emprunte et devra rembourser. Ce sont donc une fois de plus les générations futures qui devront payer. Il ne faudra pas s'étonner quand ces générations arriveront au pouvoir qu'elles prennent les décisions dont leurs aînés n'ont pas eu le courage. Qui les empêchera de diminuer drastiquement les dépenses de retraite gigantesques qu'entraînera le papy-boom ? Le réveil risque d'être douloureux pour les enfants de mai 1968.

L'emprunt n'a qu'un but : sauver la paix sociale. Les socialistes et de nombreux gaullistes ont ce point commun qu'ils estiment que la France a un modèle social issu de l'après-guerre. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs beaucoup fait référence aux valeurs de la Résistance (traduisez l'alliance gaullistes-communistes). Et ils sont prêts à tout pour ne pas mettre ce modèle en débat. Nicolas Sarkozy avait bien essayé pendant la campagne mais la survenance de la crise l'a fait taire à jamais sur ce sujet. Il réhabilite alors le rôle "d'amortisseur social" de notre modèle français. Il oublie simplement de dire que cet amortisseur va dans les deux sens : si la crise est très légèrement atténuée, la croissance l'est encore davantage par notre modèle bloquant les initatives et favorisant une économie conservatrice et en rien créatrice. Encore une fois, comme les autres, le Président de la République essaye de sauver l'équilibre social bien chancelant : on met des rustines plutôt que de changer la roue. C'est très décevant.

14 juin 2009

Omar m'a payé

Jean-François Probst se lâche sur les relations entre les politiques français et Omar Bongo. Savoureux...

11 juin 2009

Hadopi, ça rame !

Christine Albanel, la Chantal Goya de la Culture, essaye tant bien que mal de défendre son HADOPI. On salue sa persévérance pour une mesure inefficace et contraire aux libertés. Le Conseil constitutionnel a tout simplement fait preuve de raison et défendu la liberté individuelle. Bravo !

07 juin 2009

P.S. : I hate you

Les résultats sont donc tombés : Victoire de l'UMP ("pari réussi" pour Nicolas Sarkozy comme l'a reconnu Pierre Moscovici) et d'Europe écologie, défaite cinglante du PS et du Modem. Tour d'horizon des enseignements du scrutin.

L'anti-sarkozisme ne fait plus recettes. Le PS et le Modem qui appelaient à un vote-sanction étaient persuadés que cette ligne les favoriserait en cette période de "crise financière". Ce fut une magistrale erreur. Les citoyens semblent lasser du "tout sauf Sarkozy" et attendre des réponses concrètes à nos temps troublés. Ce point est intéressant car il montre que, loin du débat caricatural "méchant libéralisme"/"gentil socialisme" asséné toutes les heures dans les médias, les Français sont plus complexes et cherchent plutôt des réponses innovantes que des vieilles idéologies. C'est une bonne nouvelle !

Sarkozy est un excellent tacticien. Malgré l'abstention, la majorité présidentielle est largement en tête, une première depuis 1979 ! L'engagement du Président dans la campagne, sa stature internationale affirmée ont vraisemblablement été décisifs. Nicolas Sarkozy montre qu'il est toujours le leader à droite et qu'il sait faire gagner son camp. De bon augure pour 2012.

L'écologie a gagné. Il ne faut pas croire qu'Europe écologie (EE) va remplacer le PS. Nous avons déjà eu droit au grand soir des souverainistes, à celui du centre-gauche de Tapie et cela n'a jamais duré. La diversité des listes d'EE a permis un large rassemblement des électeurs. La thématique a énormément joué : le développement durable, l'écologie sont la grande mode du moment. Le film "Home" en est l'illustration. La victoire d'EE, c'est la victoire d'un thème, c'est la volonté des électeurs d'avoir des réponses à cette problématique. Et Fillon a été malin de reprendre l'environnement dans son discours : une manière de récupérer un thème politique dont, il est vrai, la droite a été le vrai promoteur dans une politique de gouvernement avec son Grenelle de l'environnement.

"La gauche est dans le trou". Cette phrase de Jean-Luc Mélenchon résume bien la situation de la gauche, totalement divisée. Dans le Sud-Est et en Île-de-France, le PS est même en troisième position ! Pas étonnant à vrai dire. Le parti socialiste ne cesse de donner des leçons, de s'ériger en vigie de la République alors qu'il est incapable de répondre aux attentes des Français. Arnaud Montebourg déclarait ainsi ce soir sur le plateau de TF1 qu'il y a une "demande de gauche" et que le PS doit la faire venir au pouvoir. Encore une fois, les socialistes se proclament porte-parole de citoyens qui n'en veulent pas. Quand le comprendront-ils ? Sur France 2, Mélenchon s'est engueulé avec Moscovici, avec Cohn-Bendit, avec Peillon. On se croyait au café socialiste du commerce : invectives, grandes gueules... En un mot : ridicule. Martine Aubry n'abandonne pas le Titanic Solférino mais pour combien de temps ? Ségolène Royal a la voie libre pour 2012 et il faudra s'en méfier.

Images

06 juin 2009

Européennes, clash de fin

Ces Européennes  2009 auront été nullissimes. Les thèmes européens ont été totalement étouffés par l'ambition présidentielle des uns, les divisions idéologiques des autres. Comme tout le monde, j'ai reçu l'enveloppe de propagande des différentes listes avant les élections de ce dimanche. Qu'en retenir ?

1/ Plus écolo que moi tu meurs ! Comme l'a montré le documentaire de Yann Arthus-Bertrand Hier soir sur France 2 (l'empreinte carbone de ce film doit battre tous les records mais cela n'a l'air de déranger personne), l'écologie et le développement durable sont à la mode. Chaque liste rivalise d'écolo-compatiblité : l'UMP et le PS plaident tous les deux en faveur "d'une croissance verte", même le NPA veut une "révolution écologique" (sans rire !). L'alliance écologiste indépendante a le mérite de la fraîcheur même si elle est ridicule avec son Francis Lalanne, son Patrice Devret, son "mangeons-moins de viande !"


2/ Européens de tous les pays, protégeons-nous ! La crise a permis aux politiciens de reprendre du poil de la bête. Ils n'ont jamais protégé que leur personne mais cette fois, croyez-les, ils vont tous nous protéger. Le FN et Libertas de de Villiers prônent le protectionnisme alors que l'on sait que le protectionnisme n'a qu'un effet : empêcher les entreprises nationales de s'adapter au marché, leur donner un monopole et, au final, augmenter les prix à la consommation. L'UMP veut une meilleure régulation financière qui n'a pas fonctionné pour la crise en question mais bon... Le PS comme le Modem veulent harmoniser la fiscalité ; effet garanti : on investira donc hors de l'Union à ses frontières là où la fiscalité sera la meilleure (et oui le marché de la fiscalité existe, n'en déplaise aux socialistes). L'extrême-gauche, elle, a la solution : "changer la vie" (Front de gauche), "un plan de rupture avec le capitalisme" (NPA) ou "interdire les licenciements" (Lutte ouvrière). On nous vend une chimère de protection qui peut rapporter des voix. Le problème, c'est qu'en matière de marketing, la promesse doit être concrétisée. Et cela, les politiques le comprendront vite.

3/ J'ai rien à dire mais je le dis quand même. Ce qui est surtout frappant dans ces "professions de foi", c'est le vide intersidéral des propositions. Un florilège : "la clause de l'Européenne la plus favorisée pour que les droits gagnés pour les femmes dans un pays européen soient étendus à tous les autres" (Front de gauche), "une Europe juste qui préserve la paix, défend les libertés et respecte la dignité humaine" (Europe écologie), "une Europe sociale et écologique, plus active, plus démocratique, plus solidaire" (PS). La palme revient au Modem : "promouvoir un projet de société qui concilie l'exigence sociale, l'impératif démocratique et l'urgence écologique", "défendre le modèle social européen en mettant en place un plan de convergence sociale", "anticiper le vieillissement démographique en le prenant en compte dans chacune des politiques publiques de l'Union", créer une avant-garde européenne formée à partir des pays de la zone euro pour sortir l'Europe de l'immobilisme". Avec des messages aussi creux ou aussi utopiques, comment penser que les électeurs vont se mobiliser pour le 7 juin ?

L'Europe concrète n'existe pas aux yeux des Français et c'est compréhensible. Dimanche, le choix sera difficile. J'hésite entre deux choix : le choix du cœur avec Alternative libérale qui est le seul mouvement à proposer des mesures de liberté (économique, sociale...) et le choix de la raison avec l'UMP-Nouveau centre pour infliger une défaite importante au PS afin qu'il nous fiche la paix.

Rendez-vous ce dimanche pour les résultats !

17 mai 2009

Journée internationale de lutte contre l'homophobie

Le 17 mai est la journée internationale de lutte contre l'homophobie. Thématique malheureusement toujours d'actualité comme le montre le dernier rapport fait par SOS Homophobie.

A cette occasion, je vous propose une petite vidéo concoctée par Gayclic : la réponse des gays aux homophobes !

09 mai 2009

L'Europe, l'Europe, l'Europe !

Aujourd'hui, c'était la fête de l'Europe. Mais si, vous savez, le jour où des drapeaux européens fleurissent un peu partout sur les bus, dans les mairies... Celle du 9 mai 2009 est d'autant plus importante que les élections européennes auront lieu le 7 juin prochain et que, pour le moment, près de la moitié des électeurs n'ont pas l'intention d'aller voter.

Alors on s'active ici ou là pour faire du 7 juin un rendez-vous important. La Fondation Robert Schuman a fait un travail remarquable d'information qu'il faut saluer. Le Gouvernement lance quant à lui un spot télévisé très consensuel qui veut nous montrer que L'Europe fait aussi l'Histoire, tout cela avec des majuscules, bien entendu.

Mais pourquoi le Parlement européen passionne-t-il si peu ?

Tout d'abord, le discours politico-médiatique confond toujours "Europe" et "Union européenne". Rappelons que l'Europe est une réalité culturelle et que l'Union européenne est une organisation politique. En liant, sans naïveté je pense, ces deux expressions, on veut tout simplement dire que l'Europe ne peut exister qu'à travers la construction politique issue des différents traités depuis les Traités de Rome (1957). Ce discours de pensée unique empêche quiconque dans ce pays de se prononcer pour une "Europe des nations", une "Europe des marchés" ou que sais-je encore ? Critiquer ou s'opposer à l'Union européenne, c'est être mis au ban du débat sur l'avenir de l'Europe, devenir un méchant eurosceptique (euroscepticisme qui ne réussit pas si mal aux Anglais). Et c'est ce qui entraîne cette campagne où les partis les plus importants (UMP, PS et MODEM) s'entendent globalement sur les orientations générales de l'Union européenne. Il est donc logique que les lignes de fracture se fassent sur des questions nationales.

Ensuite, la "régulation européenne" s'illustre souvent par des propositions bureaucratiques invraisemblables. Quelques exemples : réglementer la consommation de gâteaux préparés lors des foires gastronomiques (août 2008), proposition de réguler les blogs après le "non" irlandais (septembre 2008)... Au départ, rappelons-le, des coopérations européennes sont nées pour faciliter les échanges commerciaux. Cette visée libérale avait pour but d'installer la prospérité en Europe pour éviter les terribles conflits passés. Et force est de constater que le libre-échange a permis que l'Europe soit l'un des plus gros pôles commerciaux du monde. Malheureusement, l'obsession de certains à vouloir à tout prix une "Europe politique" a conduit à la création d'une bureaucratie où créer de la réglementation est devenu le sport favori. Le Parlement européen devrait être une véritable arène politique européenne. En réalité, il est souvent réduit à voter "oui" ou "non" à des projets de réglementations préparés par des fonctionnaires de la Commission ou des lobbyistes.

Il serait donc temps de créer de vrais débats sur l'Europe pour donner envie au citoyen de s'y intéresser. Ce ne sera pas pour 2009 : l'UMP la joue discrète car ses intentions de vote sont bonnes et meilleures que les précédentes élections ; le PS est inaudible entre ses nonistes et des ouiouistes. Seul le MODEM s'active car il est sans doute celui qui a le plus à gagner dans ces élections. Rendez-vous le 7 juin !

Eu-flag

06 mai 2009

Deux ans : et après ?

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Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy accédait à la Présidence de la République française. Moment intense et plein d'espoir. Quel premier bilan peut-on établir après ces deux premières années de l'ère Sarko ?

Des décisions fortes et symboliques. Lors de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy s'était fait le champion de la rupture assumant un discours à la fois gaulliste et libéral. Cet espoir a été en partie satisfait : fin des régimes spéciaux, bouclier fiscal, défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place de peines planchers, quotas d'immigration, suppression de la carte scolaire... Ces mesures ont clairement mis une claque à l'esprit socialo-étatiste partagé à gauche comme à droite dans notre pays depuis 1981. De ce point de vue, l'action du Président et de son gouvernement a été positive.

Une stature internationale incontestée. Bien que l'on se moque de son volontarisme, il faut reconnaître à Nicolas Sarkozy son implication dans les dossiers internationaux. La Présidence française de l'Union européenne a été un succès. Son implication dans la gestion de la crise, même si les solutions choisies n'ont rien de miraculeux, est à saluer.

La rupture n'a malheureusement pas eu lieu. LE grand regret, à ce jour bien entendu, c'est que le discours de rupture est devenu un discours volontariste et de façade. En 2007, si Nicolas Sarkozy a capitalisé le vote de nombreux Français précédemment dégoûtés par la politique, c'est parce qu'il a porté un espoir : pas de langue de bois sur l'insécurité, pas d'angélisme béat face à la question de l'immigration, un souci de justice réelle (la question des régimes spéciaux et du "travailler plus pour gagner plus")... Ce discours n'a pas gagné le pays tout entier. Les médias et les politiques restent toujours dans une vision très social-fataliste où il n'y aurait que des individus victimes d'une société mauvaise et d'un Etat considéré comme impuissant. Et Nicolas Sarkozy reprend cette pensée générale. C'est, selon moi, une énorme erreur qui a beaucoup déçu ses électeurs.

Une gauche trop présente. Voulant reprendre les recettes de Clinton et Blair, Nicolas Sarkozy s'est entouré d'hommes de gauche, l'idée étant d'étouffer l'opposition et de la prendre de cours. La théorie est assez bonne à vrai dire. Le problème est que cela nous donne des mesures comme la télévision publique sans publicité dont personne ne voulait, ou le revenu de solidarité active (RSA) qui élude la question fondamentale de l'assistanat démentiel qui existe dans notre pays. En outre, les ministres de gauche se révèlent assez mauvais ou inaudibles. La plus-value n'est donc pas évidente.

L'avenir. Le Président a raison de dire qu'il faut attendre la fin de son mandat pour en faire le bilan. Cependant, il ferait bien d'écouter ce que dit Roland Cayrol de l'Institut CSA dans Le Parisien de ce jour : "Les Français ne voient pas clairement le cap. Ils se demandent : « Qu’est ce que ces réformes vont changer concrètement pour moi, pour la vie de mes enfants, quelles sont les perspectives que cela va m’offrir ? » Pour l’heure, le compte n’y est pas." Le temps des mesures-symboles doit donc laisser place à des mesures de fond qui ait un réel impact sur la vie quotidienne de nos concitoyens.

Politiquement, Nicolas Sarkozy est encore le seul aux yeux des Français à être capable de mener le pays quelque part. Cette confiance, malgré les doutes, le Président de la République doit s'en montrer digne pour qu'en 2012 on puisse dire : "oui, vraiment, tout est devenu possible".

03 mai 2009

Université : les étudiants otages d'une minorité

Les blocages dans les universités auront fait perdre une année d'études aux étudiants. Comme le montre la vidéo ci-après prise à Lyon II, une minorité d'extrémistes de gauche empêche l'organisation d'un vote démocratique. Un exemple de plus du rejet de l'Etat de droit dans notre pays...


19 avril 2009

Lettre à Monsieur Zapatero, Président du gouvernement espagnol

Monsieur le Président,

Je vous écris afin de vous présenter mes excuses contre les propos inutiles tenus par Madame Royal, reine du Chabichou et patronne de la tyrannie de la repentance.

J'estime qu'exercer le mandat de Présidente de Région impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter atteinte aux intérêts de Poitou-Charentes.

Je regrette que l'intéressée piétine si ouvertement le titre I de la Constitution française : "la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. [...] Aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice." (article 3).

Souhaitant que l'intervention de Madame Royal n'ait pas modifié négativement le regard que vous portez sur notre pays, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression de ma très haute considération.

ZDJ

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