On ne parle plus que de cela : la rentrée sociale sera chaude ! Motif ? La suppression de postes de fonctionnaires, plus particulièrement à l'Education nationale. Les syndicats nous jouent leur scène favorite de "mobilisation" : "saignée" selon le SNES, "dégradation d'une ampleur jamais atteinte" pour le SNUIPP, il faut une "risposte nécessaire" pour le SGEN-CFDT.
De quoi s'agit-il en fait ? Nicolas Sarkozy avait promis de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux, seule condition pour assainir efficacement le budget de l'Etat (plus de 5 millions de fonctionnaires hors emplois aidés !). Il ne fait qu'appliquer son programme et se montre même très compréhensif avec les syndicats puisque, finalement, seul un départ à la retraite sur trois ne sera pas remplacé en 2008.
Cette politique de non-remplacement n'aurait pas de sens sans qu'une véritable réflexion sur la gestion et les missions de l'Etat soit menée. C'est pourquoi François Fillon a lancé la révision générale des politiques publiques qui doit aboutir en mai 2008, avec une application dès 2009. On ne peut donc pas dire que les suppressions de postes annoncées soient idéologiques ou relèvent "d'une logique purement comptable", comme on l'entend parfois. Non, elles correspondent à une politique ambitieuse de réforme de l'Etat : un Etat moins gros mais mieux organisé. C'est tout à fait ce que demandent les Français, et une grande partie des fonctionnaires d'ailleurs.
En restant ancré dans leurs vieilles habitudes de la négociation par le conflit, la très grande majorité des syndicats se révèle en décalage complet avec le monde d'aujourd'hui, comme l'a montré leur colère sur la mise en place d'un service minimum voulu par la majorité des citoyens.
J'aurais aimé que les syndicats fassent des propositions sur la réforme de l'Etat. Au lieu de cela, ils réclament toujours plus de dépenses publiques, toujours plus de fonctionnaires, comme si le nombre faisait la qualité. L'invocation du "service public" n'est qu'une coquille vide qui doit servir leurs propres intérêts. En effet, moins de fonctionnaires, c'est aussi moins de cotisants potentiels pour les syndicats. Un Etat plus maigre, c'est aussi moins de capacité à nuire pour les syndicats, donc moins de pouvoir.
"rentrée sociale" ? Non, juste "la lutte minable" des syndicats.
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