Les résultats sont donc tombés : Victoire de l'UMP ("pari réussi" pour Nicolas Sarkozy comme l'a reconnu Pierre Moscovici) et d'Europe écologie, défaite cinglante du PS et du Modem. Tour d'horizon des enseignements du scrutin.
L'anti-sarkozisme ne fait plus recettes. Le PS et le Modem qui appelaient à un vote-sanction étaient persuadés que cette ligne les favoriserait en cette période de "crise financière". Ce fut une magistrale erreur. Les citoyens semblent lasser du "tout sauf Sarkozy" et attendre des réponses concrètes à nos temps troublés. Ce point est intéressant car il montre que, loin du débat caricatural "méchant libéralisme"/"gentil socialisme" asséné toutes les heures dans les médias, les Français sont plus complexes et cherchent plutôt des réponses innovantes que des vieilles idéologies. C'est une bonne nouvelle !
Sarkozy est un excellent tacticien. Malgré l'abstention, la majorité présidentielle est largement en tête, une première depuis 1979 ! L'engagement du Président dans la campagne, sa stature internationale affirmée ont vraisemblablement été décisifs. Nicolas Sarkozy montre qu'il est toujours le leader à droite et qu'il sait faire gagner son camp. De bon augure pour 2012.
L'écologie a gagné. Il ne faut pas croire qu'Europe écologie (EE) va remplacer le PS. Nous avons déjà eu droit au grand soir des souverainistes, à celui du centre-gauche de Tapie et cela n'a jamais duré. La diversité des listes d'EE a permis un large rassemblement des électeurs. La thématique a énormément joué : le développement durable, l'écologie sont la grande mode du moment. Le film "Home" en est l'illustration. La victoire d'EE, c'est la victoire d'un thème, c'est la volonté des électeurs d'avoir des réponses à cette problématique. Et Fillon a été malin de reprendre l'environnement dans son discours : une manière de récupérer un thème politique dont, il est vrai, la droite a été le vrai promoteur dans une politique de gouvernement avec son Grenelle de l'environnement.
"La gauche est dans le trou". Cette phrase de Jean-Luc Mélenchon résume bien la situation de la gauche, totalement divisée. Dans le Sud-Est et en Île-de-France, le PS est même en troisième position ! Pas étonnant à vrai dire. Le parti socialiste ne cesse de donner des leçons, de s'ériger en vigie de la République alors qu'il est incapable de répondre aux attentes des Français. Arnaud Montebourg déclarait ainsi ce soir sur le plateau de TF1 qu'il y a une "demande de gauche" et que le PS doit la faire venir au pouvoir. Encore une fois, les socialistes se proclament porte-parole de citoyens qui n'en veulent pas. Quand le comprendront-ils ? Sur France 2, Mélenchon s'est engueulé avec Moscovici, avec Cohn-Bendit, avec Peillon. On se croyait au café socialiste du commerce : invectives, grandes gueules... En un mot : ridicule. Martine Aubry n'abandonne pas le Titanic Solférino mais pour combien de temps ? Ségolène Royal a la voie libre pour 2012 et il faudra s'en méfier.




Commentaires