L'arrêt du tribunal administratif (TA) de Besançon a donc mis fin au suspens : un couple homosexuel est en mesure de recevoir l'agrément pour adopter un enfant.
Il ne s'agit pas de la création d'un droit à l'adoption mais de la suppression de la discrimination envers les homosexuels pour adopter un enfant. La nuance est importante. Les médias qui relaient le concept du "droit des gays à l'adoption" commettent une erreur. Ils sous-entendent en effet qu'un droit spécifique a été accordé à une communauté, ce qui serait proprement contraire à l'égalité républicaine. Cela n'a rien à voir avec le communautarisme. Avant cet arrêt, un homosexuel voulant adopter était systématiquement disqualifié en raison du simple fait de son orientation sexuelle. N'entrait jamais en ligne de compte sa situation économique et sociale, son profil psychologique... Non, un refus lui était signifié pour sa seule homosexualité.
Avec la décision du TA de Besançon, ce traitement discriminatoire est totalement remis en cause. L'intérêt de l'enfant reste toujours au coeur de la décision d'agrément, ce qui est bien normal. Cependant, un homosexuel pourra désormais être traité sur le même plan que les hétérosexuels, ni plus ni moins. C'est une avancée très importante car cela remet en cause les clichés habituels sur l'homosexualité et son instabilité supposée des couples. Comme si l'hétérosexualité à elle seule était un gage de stabilité pour les enfants.
Alors, bien sûr, le débat demeure entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre l'homoparentalité mais là n'est pas le sujet. Il s'agit simplement du droit des individus à vivre comme ils l'entendent sans nuire à autrui. Cela s'appelle l'Etat de droit et pour cette fois la France ne l'a pas fait reculé.
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