La contribution climat-énergie, devenue la fameuse "taxe carbone", a déchaîné un temps les médias mais apparaît désormais comme un acquis. Anatomie d'une décision injuste.
L'argument qui tue. La taxe carbone est bien évidemment présentée comme un outil contribuant à l'amélioration de notre environnement (voir la page du site de l'UMP à ce sujet) : réduire l'émission de CO2 qui augmenterait l'effet de serre. Sans débattre de la responsabilité exclusivement humaine du réchauffement climatique (l'Europe de l'Ouest se réchauffe depuis Louis XV et les voitures n'existaient pas...), on peut se réjouir de toutes mesures visant à réduire l'émission de CO2. Le problème est que l'impact de la taxe carbone reste à prouver. Elle oblige à payer plus cher pour se déplacer, d'accord, mais elle ne peut empêcher les personnes de se déplacer. Son effet ne peut donc être que marginal.
Un prix artificiel. Le Chef de l'Etat a décidé une tonne de CO2 à 17 €. Et pourquoi pas 12 € ou 36 € ? Notre Sarko national a beau déclaré qu'il "assume", cela ne console pas. Un prix, en effet, s'établit en fonction de l'offre et de la demande, c'est un marché. En l'occurence, personne ne veut de CO2 et seules intéressent les énergies fossiles qui ont une utilité. Autrement dit, en taxant le CO2, on fait payer les effets d'un produit que le consommateur n'a pas souhaité a priori mais consent à supporter pour pouvoir se déplacer.
Un hold-up. Ainsi, on voudrait favoriser le déplacement avec des "énergies propres". Lorsque l'on habite Paris, il existe une alternative efficace à la voiture polluante : le métro. Seulement, les habitants font déjà beaucoup appel à ce type de transport qui est déjà très saturé. Augmenter le flux d'usagers nécessiterait des investissements colossaux pour développer de plus grandes infrastructures et aurait un impact financier énorme. En outre, les transports en commun ne peuvent desservir tous les lieux existants en France. Quand on habite à la campagne où la pollution de l'air est nulle, on utilise sa voiture pour se déplacer car on n'a pas le choix. Enfin, quelle alternative à la voiture existe ? Si la voiture était inutile, le vélo, le train ou le métro suffiraient. La voiture, c'est encore le seul moyen de se déplacer en toute liberté. Et comme les constructeurs ne proposent aucune voiture électrique identique aux performances des véhicules à moteur, le consommateur n'a pas le choix.
Une taxe injuste. Alors, bien sûr, en tant que Président élu pour le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy ne veut pas décevoir. Il fallait donc créer une usine à gaz. Qui de mieux pour cela que Juppé et Rocard réunis ?! On nous promet donc une compensation à 100% ! Bien sûr cela bénficiera d'abord aux "plus faibles", c'est-à-dire ceux qui ne payent déjà rien ou pas grand-chose. Vive la justice sociale !
Un avenir assuré. La gauche s'est évidemment insurgée contre cette taxe. Malheureusement, il est à penser que c'est par jalousie. Il est certain que si la gauche revenait au pouvoir, elle ne supprimerait pas cette taxe. Le piège est donc parfait : l'alibi environnemental permet de taxer au-delà des alternances.
Sarkozy disqualifié. Avec cette taxe, le Président de la République réussit à fâcher définitivement son électorat. Il promettait des budgets publics maîtrisés, il multiplie les dépenses de l'Elysée. Il fustigeait les impôts, il les réhabilite. Pour le remettre dans le droit chemin, il faudra sans doute passer par le vote sanction aux régionales. Quand on voit la gauchisation de son gouvernement et l'interventionnisme outrancier dont il fait preuve en ce moment, cela pourrait être une bonne chose.




