L'individu et ses libertés vivent actuellement une remise en cause assez inquiétante. Tous les médias nous annoncent chaque jour un danger ou un risque insurmontable. Le responsable ? L'individualisme, bien sûr, et sa supposée application économique, comprenez l'économie de marché. Contre ce sombre avenir, on nous propose de nouvelles réglementations, de nouvelles règles collectives, qui ont toutes un même point commun : réduire la capacité de liberté, d'initiative et de création de l'individu.
Premier exemple : l'idéologie écologiste. Il est évidemment souhaitable de protéger la biodiversité, de diminuer la pollution... Chacun en sera d'accord. Cependant, sous couvert d'écologie, on dresse les scénarios les plus pessimistes, les plus catastrophistes, souvent de manière déraisonnable. Le but est plutôt de faire peur que d'informer. Loin de la seule question climatique, un certain nombre d'idéologues utilisent ce combat pour attaquer l'économie de marché, la société de consommation et, finalement, le choix de chacun. Ainsi, fleurissent en ce moment les sujets médiatiques sur le mouvement de la décroissance qui considère que l'avenir de la planète ne peut être garanti qu'en modifiant radicalement nos modes de vie dans le sens de moins de croissance, cette dernière étant considérée comme responsable de tous les maux climatiques. Cette idéologie est en fait un dérivé du socialisme. Sa grille d'analyse est tout aussi fausse puisqu'elle est basée sur la critique de la société industrielle et de ses processus, en faisant totalement l'impasse sur la société post-indutrielle et l'économie de la connaissance dont l'impact environnemental est beaucoup plus faible et dont la valeur ajoutée est beaucoup plus élevée. Comme toutes les utopies, la décroissance n'offre pas d'alternative et met implicitement en place un contrôle accru des citoyens, pour ne pas dire un totalitarisme.
Deuxième exemple : la divinité précaution. Depuis que Jacques Chirac a fait l'énorme erreur d'intégrer le principe de précaution dans la constitution, il n'est pas un jour sans qu'on en appelle à ce principe désormais donc constitutionnel. Beau principe certes mais qui est un frein supplémentaire au progrès économique et social. Les jeunes sont ainsi bombardés de prévention contre toutes sortes de risques (sexuels, drogues...) mais aussi façon de vivre : jeux vidéos et même les baskets qui seraient responsables de mal de dos ! La prévention est évidemment utile mais elle demeure tellement intense qu'elle risque d'amener à l'effet souhaité inverse. Quel aveuglement face à cette jeunesse qui a délaissé la télévision pour internet et qui est beaucoup plus active et créative que la précédente de ce point de vue ! Il est d'ailleurs amusant que la génération 68 impose cette contrainte sociale d'un nouveau genre, elle qui s'est révoltée contre les carcans de la société gaulliste.
A travers ces deux exemples, on voit que cette nouvelle économie de la peur n'a qu'un but : remettre en cause l'ordre existant au profit d'un autre, imaginaire, et dont le coût risque d'être élevé. Sa conséquence est claire : la multiplication des réglementations limitant les libertés de l'individu au nom d'un intérêt collectif surestimé. Dans le cadre d'une économie de la connsaissance qui représente l'avenir, cette évolution est inquiétante car nous avons moins besoin de producteur de normes en tout genre que de créateurs capables de créer de la richesse par leur initiative. L'avenir, c'est l'individu ! Défendons-le !