
Le projet de loi "création et internet" actuellement débattu à l'Assemblée nationale a pour objectif de protéger les droits d'auteur sur internet. Elle prévoit la création d'une énième "autorité administrative indépendante" : l'HADOPI ou Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet.
HADOPI ou quand l'Etat se met au service des seuls intérêts de l'industrie du disque. Il faut rappeler qu'il existe déjà des lois qui protègent les droits d'auteur. Rien n'empêche une major du disque ou un artiste, tout simplement, de faire la chasse aux pirates qui seront condamnés par les tribunaux (voir ce qu'a obtenu Jean-Yves Lafesse contre dailymotion). Au lieu de se mettre à monter des équipes de détectives qui lui coûteraient trop chères, l'industrie du disque a vu tout l'intérêt de faire le sale boulot par l'Etat bien sûr ! On aura noté que l'initiateur de ce texte n'est autre que Denis Olivennes, à la suite de son rapport sur la question. En tant qu'ancien dirigeant de la FNAC, il est évident qu'il est la personnalité la plus impartiale en la matière !
HADOPI veut conserver un vieux système commercial au détriment d'un autre plus en phase avec son époque. La question du téléchargement illégal élude le véritable enjeu de cette affaire. En effet, internet a bouleversé nombre de modèles économiques. Si Napster (historiquement première plate-forme médiatique d'échanges gratuits entre particuliers) n'avait pas existé, les industries du disque auraient-elles développé l'achat de musique via internet pour 0,99 € par morceau de musique ? Certainement pas. C'est parce que les modes de consommation ont changé que l'industrie s'est adaptée. Or, avec HADOPI, on essaye de brider le consommateur dans sa tendance naturelle. Ce projet de loi tente de maintenir par la coercition une industrie basée
sur un modèle dépassé. Ses inspirateurs n’ont pas pris la mesure des
changements issus de la généralisation de l’usage d’internet. Les
échanges sont faciles, immédiats, leur coût quasi-nul. L’époque où l’on
payait forcément un support, sur lequel une marge énorme était
possible, pour accéder à chaque parcelle de culture est bien terminée. Pourquoi ne pas assouplir les règles que subit l’offre légale, notamment
concernant les délais de diffusion dans le domaine cinématographique,
ce qui lui permettrait de rivaliser avec la concurrence du gratuit, qui a
aujourd’hui l’avantage de la disponibilité ? Toutes ces questions, ce sont aux industriels de les résoudre. Ajoutons que, grâce à l'internet, beaucoup d'artistes ne sont plus obligés de passer par des majors et des distributeurs pour être écoutés voire achetés. En résumé, le job de Pascal Nègre est sans doute en danger mais Mylène Farmer ou Johnny Halliday continueront à gagner de l'argent avec leurs chansons. HADOPI ne sert donc pas les créateurs mais ceux qui vivent sur le dos des créateurs et des artistes et qui ne veulent pas évoluer.
HADOPI coûtera chère et sera inefficace. D'un point de vue pratique, cette haute autorité ne pourra pas faire correctement son travail. En raison des millions de téléchargements actuellement pratiqués, c'est l'arbitraire qui va régner, certains étant condamnés, d'autres pas. En outre, du contentieux important risque d'engorger encore plus nos tribunaux, certains vrais pirates pouvant utiliser des adresses IP (la plaque minéralogique d'un ordinateur en quelque sorte) volées à d'autres particuliers. Bien évidemment, il faudra embaucher des agents pour faire ce travail avec un Haut Fonctionnaire à la tête de la Haute Autorité au salaire confortable payé par nos impôts. A l'heure où les finances publiques sont dans le rouge, autant jeter l'argent par les fenêtres ! Et n'oublions pas les coûts énormes induits par ce projet de loi : les fournisseurs d'accès à internet risque de devoir investir plusieurs dizaines de millions d'euros pour pouvoir couper l'accès internet sans couper le téléphone et la télévision ! Et ça, ce sont tous les consommateurs qui devront payer qu'ils téléchargent légalement ou pas.
Pour se mobiliser contre cette loi :
- Rejoindre le groupe dédié sur facebook.
- Consulter le site de la quadrature du net.
- Ecrire à Franck Riester, Député-Maire de Coulommiers, rapporteur du projet de loi à l'Assemblée et également directeur de campagne l'UMP aux européennes 2009. La menace électorale, ça peut faire réfléchir !
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